
Nous avons tous vécu des situations dans lesquelles nous avons du mal à partir. Même lorsque la souffrance est bien présente, il arrive que nous restions attachés à des relations difficiles.
Ce paradoxe peut surprendre : pourquoi rester dans un lien qui nous fait souffrir ? Pourtant, plusieurs mécanismes psychologiques et émotionnels peuvent nous aider à mieux comprendre ce phénomène.
La force des liens émotionnels
Dans toutes les relations, nous développons des liens affectifs profonds. Avec le temps, l’attachement s’y installe, les moments partagés deviennent de beaux souvenirs. Ces expériences vécues ensemble renforcent encore d’avantage cet attachement.
C’est aussi ce qui peut rendre certaines séparations difficiles et douloureuses. Même lorsque la relation devient source de souffrance, les souvenirs et les moments partagés peuvent nous retenir. L’ espoir s’installe alors: nous espérons que les choses redeviendront comme avant.
Les liens affectifs que nous construisons au fil du temps peuvent donc rendre certaines décisions difficiles à prendre.
La peur du changement et de l’inconnu
La peur du changement peut jouer un rôle important. Nous avons pris des habitudes et nous connaissons bien la personne en face de nous. Il est souvent plus difficile de changer nos habitudes qu’on ne le pense. Nous voulons parfois rester dans notre zone de confort et la quitter peut devenir inconfortable.
Le changement implique aussi une part d’incertitude. Nos peurs ressurgissent, elles deviennent maître de nos actions. Elles prennent le dessus sur nos décisions. La peur peut alors engendrer un véritable tourbillon émotionnel. Ces transformations demandent parfois de prendre des décisions différentes et d’accepter un changement intérieure.
L’impuissance apprise
En psychologie, il existe un phénomène appelé impuissance apprise, etudié par le psychologue Martin Seligman. Il décrit le cas d’une personne qui a vécu à plusieurs reprises des situations dans lesquelles elle ne pouvait pas agir ou s’échapper. Avec le temps, la personne peut se dire que ses actions ne changeront rien à sa situation. Elle peut alors arrêter d’agir pour changer les choses.
La personne perd confiance en elle progressivement. C’est une résignation qui peut l’amener à rester dans une situation difficile, même si les possibilités de changement existe.
Comprendre ces mécanismes peut nous aider à mieux saisir pourquoi certaines situations sont difficiles à quitter. Les liens d’attachement, la peur du changement et l’impuissance apprise peuvent parfois nous retenir plus longtemps dans un contexte qui nous fait souffrir.
Prendre conscience de ces dynamiques peut être une première étape pour réfléchir à ce qui est réellement bon pour nous.
Sources et références:
Seligman, M. E. P., & Maier, S. F. (1967). Failure to Escape Traumatic Shock. Journal of Experimental Psychology.
Seligman, M. E. P. (1975). Helplessness: On Depression, Development, and Death. W. H. Freeman.